30.05.2007
défiscalisation des emprunts immobiliers : une mesure imbécile
La crise actuelle de l'immobilier se caractérise principalement par un niveau trop élevé des prix du marché, à l'acquisition, comme à la location. Ce niveau de marché excessif engendre :
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une asphyxie économique des ménages, donc de l'économie de proximité, celle qui créée de l'emploi.
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un engloutissement des richesses nationales dans l'immobilier (dont la part à doublé en moins de 5 ans, principalement absorbée par l'inflation plutôt que par la production), au détriment de l'investissement industriel et de la consommation
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un effort toujours croissant de l'Etat pour solvabiliser la demande, principalement à travers les aides individuelles au logement, pour permettre aux ménages de supporter les prix du marché, au détriment de politiques de construction et urbaines de production directe de logement à bas prix.
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malgré cet effort, le décrochage des prix entre secteurs géographiques accentue les phénomènes de ségrégation sociale et la constitution de ghettos.
Dans ce contexte, la défiscalisation annoncée des emprunts immobiliers est une option dont les seuls effets seront négatifs, ou plus exactement, profitables à un très petit nombre de personnes et d'institutions, au détriment de la collectivité et des milieux populaires.
L'objet de cette défiscalisation est de faciliter l'accession à la propriété pour les classes moyennes.
Mais d'après tous les analystes, la solvabilisation d'un plus grand nombre de ménages, sur un stock statique provoque une hausse des prix (cf. les travaux de Gabrielle Fack – INSEE).
Les économies réalisées par les ménages sur l'emprunt seront rattrapées sur le prix de vente.
Cette opération consiste simplement à un transfert financier du budget de l'Etat vers les bénéfices des vendeurs, c'est-à-dire des détenteurs actuels de patrimoine, qui possèdent plus que leur résidence principale. Pour le dire clairement, la défiscalisation est une privatisation de la richesse nationale, au profit des plus nantis.
Cette hausse des prix sera démultipliée par le fait que les durée d'emprunt vont s'allonger, le loyer de l'argent étant plus faible pour le ménage, même s'il n'a pas évolué du point de vue de la banque.
L'autre grand bénéficiaire de la défiscalisation des emprunts immobiliers est donc le secteur bancaire, dont les bénéfices seront désormais payés par l'effort de l'Etat en réduction de recettes.
Pour les classes moyennes rêvant d'accéder à la propriété, au mieux, rien ne va changer : ils achèteront plus cher et paieront moins d'intérêt.
Pour les milieux populaires, la hausse des prix se répercutera sur le loyer, qui deviendra encore plus difficile à payer.
Pour la pénurie de logements, la hausse des prix va encore compliquer la construction (nécessiter plus d'investissement pour produire le même bien : il ne faut pas confondre niveau des prix et niveau de rendement).
Zéro pointé, pour cette première mesure du gouvernement Fillon.
Marc Uhry
11:05 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : défiscalisation, emprunt, immobilier, logement, politique de l'habitat








Commentaires
Tout a fait d'accord avec vous! c'est mesure est un scandale, complètement débile! Elle sera absolument contre-productive. Il faut tout faire pour empecher sa mise en application, et VOUS, les média, vous avez un role a jouer... car malheureusement, seule une minorité de la population a conscience de ce qui se prépare!
Écrit par : benji | 01.06.2007
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